Un élève de 3e dans l’Essonne sert un gâteau au cannabis en classe

Dans un collège de l’Essonne, un professeur a organisé un petit goûter en classe. Tout aurait pu se passer normalement, si l’un des adolescents n’avait pas apporté un gâteau aux ingrédients douteux.

Un professeur de sport du collège Parc de Villeroy, à Mennecy dans l’Essonne, a organisé un goûter pendant son cours du jeudi 23 novembre 2017. Tout aurait très bien pu se passer, si l’un des élèves de sa classe de troisième n’avait pas apporté un gâteau au chocolat…. et au cannabis, rapporte Le Parisien. Sept de ses camarades en ont consommé, ainsi que le prof d’EPS, sans savoir qu’il s’agissait d’un “space cake“. Interrogée par le journal, l’une des élèves âgée de 14 ans, Chloé*, décrit le fameux gâteau : “Visuellement, il était normal. Au chocolat, basique. Le goût, lui, était un peu bizarre, mais on l’a mangé quand même, parce que ce n’était pas dégueu, pas au point de vomir.”Mais, au fur et à mesure que la journée avance, les adolescents se sentent de plus en plus bizarres.

Les jeunes des autres classes ont pu constater que leurs camarades se comportaient de façon étrange. “Après, les élèves étaient tout bizarres, il y en a même qui faisaient l’avion dans la cour”, se souvient Matéo*, 11 ans. Il faut dire que le principe actif du cannabis, le THC, n’a pas tardé à agir, et tous ont souffert de ses effets : maux de tête, rétrécissement du champ de vision, difficulté à se mouvoir et à se concentrer… Chloé se souvient qu’elle a passé un après-midi pour le moins compliqué : “Les effets étaient de pire en pire. A un moment, je suis partie dans un tel fou rire que je ne pouvais plus m’arrêter et que j’en pleurais. Plus tard, je me suis endormie sur ma table pendant un contrôle de géographie.” Et l’enseignant n’a pas été épargné : “Le prof avait de gros cernes sous les yeux, il transpirait.” Plusieurs élèves sont allés demander de l’aide, sans succès : “Nous sommes quelques-uns à être allés voir les infirmières, mais elles nous ont dit qu’on manquait de sucre alors qu’on venait juste de goûter et nous ont envoyés au self.” “C’était ça, le pire. Ne pas savoir ce qui nous arrivait, et pourquoi nous étions dans cet état“, explique la jeune fille, qui n’avait jamais fait usage de cette drogue avant.

Des analyses toxicologiques réalisées sur plusieurs élèves

La mère de Chloé, Élodie* est venue la chercher à la fin des cours, et s’est très vite rendue compte qu’il y avait un problème. “Elle voulait aller se coucher, à 17 heures. Elle avait très faim, très soif, et ses pupilles étaient dilatées. Mon mari est dans la police, alors on s’est dit qu’elle avait dû ingérer du shit [de la résine de cannabis, ndlr], d’une manière ou d’une autre”, raconte-t-elle. Et elle n’est pas la seule des parents à avoir constaté que sa fille n’était pas dans un état normal : “Une autre maman avait emmené sa fille aux urgences parce qu’elle avait vomi dans la soirée. Les tests effectués par les médecins ayant révélé la présence de cannabis dans son organisme, je voulais savoir ce qu’il en était pour ma fille. Ses résultats, que j’ai reçus le lendemain, étaient eux aussi positifs.

Très remontée (et on la comprend), elle se rend à la gendarmerie de Mennecy pour déposer plainte contre l’élève ayant apporté le gâteau au cannabis. Une source proche de l’enquête affirme au Parisien que “Plusieurs parents en ont fait autant.”

Une suspension et un conseil de discipline

Jeudi dernier, l’élève est rentré tranquillement chez lui en ramenant les restes de son “space cake”. Mais il n’a pas pour autant échappé aux conséquences de son acte, en plus des plaintes qui ont été déposées contre lui. Pour avoir drogué ses camarades à leur insu, l’adolescent de 15 ans, inconnu des services de police, a été mis à pied pendant huit jours, et aura un conseil de discipline à son retour.

Si l’inspection académique dit ne pas avoir été mise au courant et que la direction refuse de commenter l’affaire, un membre de l’équipe pédagogique a accepté de se confier au journal. Et ses propos ont de quoi inquiéter : “Vous savez, ce sont des choses qui arrivent assez souvent”, affirme-t-il en soupirant.

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